Arabie saoudite : Modernisation et massacre

Arabie saoudite : Modernisation et massacre

Einstein a dit " le progrès n'aura pas de sens tant qu'il y aura des enfants malheureux sur terre".
Le prince Salman n'a visiblement pas lu le livre du physicien (Einstein / "Comment je vois le monde")
L'Arabie saoudite est au centre du toutes les attentions. Son blocus contre le YEMEN qui tue des milliers de musulmans contraste avec son envie de modernisation vitesse grand V. Parmi ces idées folles figure celle d'une ville futuriste de la taille de l'ïle de France.



Dans les salons feutrés du Hyatt, l'un des luxueux hôtels de Riyad, le business bat son plein. Pourtant, des centaines d'arrestations de dignitaires politiques et religieux ont alourdi l'atmosphère d'autant que, après le blocus du Qatar et en pleine guerre au Yémen, l'Arabie saoudite semble désormais prête à en découdre avec son puissant rival iranien. Malgré ces bruits de bottes, le Who's Who du business international se presse à Riyad. C'est que le prince héritier, Mohammed ben Salmane, 32 ans, surnommé MBS, compte ouvrir en grand son pays aux investisseurs étrangers.

Au «Davos des sables» organisé fin octobre à Riyad, MBS a dévoilé son plan Vision 2030 synonyme de privatisations et de chantiers pharaoniques. «Chacun veut sa part du gâteau, confirme un patron français, même si les Américains, alliés traditionnels des Saoudiens, seront sans doute les mieux servis.» Le projet phare de MBS est d'ériger sur les bords de la mer Rouge, aux confins de la Jordanie et de l'Egypte, Neom, une ville futuriste. Deux fois plus étendue que l'Ile-de-France, la cité serait un concentré de nouvelles technologies : taxis volants, livraisons par drones, parcs éoliens, agriculture verticale, robots omniprésents...

Pour financer cette mégapole au coût exorbitant -- 500 milliards de dollars ! --, Riyad va mettre en bourse 5 % d'Aramco, la compagnie nationale saoudienne d'hydrocarbures. Autre mégaprojet, une cinquantaine d'îles de la mer Rouge seraient transformées en stations balnéaires de luxe. Le projet, dont la première pierre serait posée en 2019, détonne dans un pays fermé jusqu'ici aux touristes autres que les pèlerins de La Mecque. Les îles, assure Riyad, ne seraient pas soumises à la charia, ce qui consacrerait le divorce définitif entre MBS et les tenants du wahhabisme, l'islam sévère en vigueur dans le royaume.

Faites vivre cet article, partagez-le à vos connaissances !

Inscris-toi à la newsletter

Les commentaires