Un musée du Soufisme en France.

Un musée du Soufisme en France.

Le projet consacré à ce courant spirituel de l’Islam devrait voir le jour au deuxième semestre 2018.

Sur les bords de Seine, une élégante bâtisse est en train de faire peau neuve. Une demeure qui pourrait faire le bonheur de quelque habitant aisé qui voudrait s’y installer mais qui est destiné à un futur bien singulier. Au courant du deuxième semestre de 2018, elle devrait accueillir un musée du soufisme, un courant spirituel de l’Islam.
« Le soufisme est une sagesse très ancienne, basée sur la connaissance de soi. Il a été enseigné dans beaucoup de traditions mais le soufisme tel qu’on le connaît aujourd’hui est lié à l’Islam, explique Vénus Borojéni, une des coordinatrices du projet. Pour autant, on trouve également des disciples non-musulmans car au-delà d’une question de foi, c’est une question de soi ».
Un projet porté et financé (environ 5 M€) par l’École de soufisme islamique MTO Shahmaghsoudi, qui a des établissements aux quatre coins du monde, et dont la plus proche se trouve à Nanterre (Hauts-de-Seine). « Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait de plus en plus de soufis dans le monde occidental. En Europe, il y a une forte demande pour cette culture, affirme Fatima Baali, également impliquée dans la création du musée. Dans l’Islam, le soufisme porte un intérêt particulier à l’art. À travers le travail artistique, on apprend des principes comme la patience, la finesse ou la créativité. »

Collaboration avec le Louvre et l’Institut du monde arabe
Ainsi, le musée sera constitué d’œuvres qui sont actuellement conservées dans des centres MTO du Royaume-Uni, des Etats-Unis et d’Allemagne. D’autres seront prêtés par des membres de ces centres. Au programme : des objets anciens, des tapisseries et beaucoup d’écrits. « Pour l’instant, nous avons collecté une cinquantaine de manuscrits et un millier de lithographies », souligne Vénus Borojéni.
« Le but est de présenter le soufisme au grand public à travers des objets d’art, poursuit Fatima Baali. Mais nous cherchons à attirer également des chercheurs et universitaires qui travaillent sur ce sujet. Nous travaillons d’ailleurs en collaboration avec des professeurs à la Sorbonne spécialisés en art islamique ainsi que des conservateurs du Louvre et de l’Institut du monde arabe. »
Si le soufisme a toujours été une philosophie qui prône la paix, l’installation du musée a dans un premier temps suscité une certaine méfiance du côté de la municipalité. « On s’est assuré que ce n’était pas un lieu de culte déguisé ou de prosélytisme, indique le maire de la ville, Ghislain Fournier (LR). Mais aujourd’hui, nous avons les garanties. Ils sont en train d’obtenir l’agrément des musées nationaux et d’après le catalogue, il y aura visiblement de belles choses ! »

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