Manipulation contre les musulmans ? Oui.

Manipulation contre les musulmans ? Oui.

Un tract appelant à la mort des juifs a bien été distribué… par un militant anti-islam, pas par les fidèles

La Manipulation mensongère : Sur LCI, Rémy Muzeau a poursuivi : «Il y a eu aussi des documents qui ont été mis dans la rue qu’on a récupérés avec des phrases terribles qui disaient "si vous rencontrez un juif, tuez-le" !» L’information a été abondamment relayée par la presse, suscitant l’indignation des réseaux sociaux. Alain Jacubowicz, ancien président de la LICRA, a ainsi appelé le maire à rendre public les documents afin que leur auteur soit puni, évoquant une «affaire grave».

La réalité : Sauf que selon plusieurs témoins, ces «tracts antisémites» compilant les versets violents du Coran ont été diffusés notamment le 13 octobre sur le lieu des prières par un militant «anti-Islam». Il ne s’agit donc pas du tout de tracts diffusés par les fidèles comme la formulation du maire de Clichy pouvait le laisser penser à la première écoute. Nous avons expliqué tout ceci dans cet article.

Joint par Désintox à l’adresse mail laissée sur les tracts, l’auteur présumé de ces derniers nous a confirmé cette version des faits et déclaré : «les deux tracts en cause (l’un sur le Coran, l’autre sur Mahomet) ont été distribués à la prière de rue du vendredi de Clichy, le premier il y a trois mois, le second il y a un mois. D’autres suivront (le sujet est quasi-inépuisable !) Leur point commun : dénoncer, en le dévoilant, le caractère multi-criminel du Coran et de la vie de Mahomet. C’est là une activité militante anti-fasciste (au sens contemporain du mot), car l’idéologie de Mahomet et de ses fidèles est fasciste (liberticide, totalitaire et ultra-violente, trois des caractéristiques majeures du fascisme, qu’il soit noir, brun, rouge…ou vert !) Ce "dévoilement" de la réalité mahométane, je suis, comme citoyen, conduit à le faire puisque les élites (politiques, intellectuelles, médiatiques,…), pourtant censées éclairer leurs concitoyens, s’y refusent» Selon l’auteur du tract, la police a assisté à la scène le 13 octobre et l’a laissé faire, ce qui laisserait à penser que les forces de l’ordre étaient au courant de la nature du tract, ainsi que de l’identité de son émetteur.

L'appellation "prière illégales" est une autre manipulation intellectuelle malveillante.

Les prières de rue n’étaient pas illégales avant la décision du préfet le 16 novembre

La Manipulation mensongère : C’est la première intox sur le sujet. C’était même le principal argument des responsables politiques ayant manifesté le 10 novembre : ces manifestations sur la voie publique auraient été «illégales». La banderole des édiles franciliens réclamait ainsi : «Stop aux prières de rue illégales».

Le député, ex-ministre de l’Intérieur et ex-Premier ministre Manuel Valls, cette fois chez Jean-Jacques Bourdin, mercredi, en a finalement remis une couche. Interrogé par le journaliste de BFMTV/RMC, il lâchait, en marquant tout de même une hésitation : «Les prières de rues doivent être interdites, elles sont interdites par la loi !» (vers 5 minutes 36 secondes). Sur les réseaux sociaux, on trouvait quantité de personnes également affirmant que les prières de Clichy étaient illégales.

Réalité : Cette idée que les prières de rue sont illégales dans le droit français est fausse. Contactée par Désintox, la préfecture des Hauts-de-Seine avait fourni des éléments de droits permettant de le comprendre : «Les rassemblements de prière sur la voie publique, comme tous les cortèges […], sont régis par le décret-loi du 23 octobre 1935 aujourd’hui codifié à l’article L 211-1 du Code de la sécurité intérieure. A ce titre, une prière collective sur la voie publique suppose, comme pour toute manifestation publique le dépôt d’une déclaration préalable. […] Le Préfet peut choisir d’interdire la manifestation ou de la limiter si les circonstances font craindre des troubles graves à l’ordre public, à compter du jour de la déclaration ou à compter du jour où il en a connaissance s’il n’y a pas eu de déclaration préalable.»

En clair, une prière de rue n’est pas a priori illégale. Elle doit faire l’objet d’une déclaration auprès des autorités compétentes sur le territoire concerné, ici la préfecture des Hauts-de-Seine, et peut éventuellement être interdite a posteriori (et ce, même si la manifestation n’a pas été déclarée).

En ce qui concerne les prières intervenues à Clichy, l’Union des associations musulmanes de Clichy (UAMC) avait déposé en mars, avant la première manifestation, une déclaration générale portant sur tous les vendredis suivants. La préfecture a confirmé dans un premier temps ne pas avoir émis d’interdiction, faute de pouvoir établir qu’une telle mesure eût été «strictement nécessaire au maintien de l’ordre public». Les manifestations étaient donc légales, encadrées par des policiers, et agents de renseignement territorial.

D’ailleurs, le maire de Clichy-la-Garenne avait à demi-mots reconnu cet état de fait dans les médias. Lors de sa fameuse interview à LCI, Roselyne Bachelot lui avait demandé : «Est-ce que vous n’êtes pas démuni, sur le plan légal ? Parce que je me souviens que Claude Guéant, je crois que c’était en septembre 2011, avait tenté de rendre illégales ces prières de rues et y avait renoncé […]. Est-ce que vous appelez à un changement législatif ?». L’édile clichois avait alors reconnu : «Oui bien sûr, c’est pour ça que j’interpelle… Je me suis adressé au préfet qui semble aujourd’hui complètement démuni donc j’interpelle le ministre de l’Intérieur.»

Le ministre de l’Intérieur lui a indirectement répondu, mercredi 15 novembre, en réponse à une question au gouvernement du député apparenté FN Gilbert Collard : «J’ai […] demandé au préfet de prendre contact avec à la fois les élus de Clichy-la-Garenne et en même temps avec la communauté musulmane afin que le problème soit résolu», a déclaré Gérard Collomb. Dont acte : la médiation semble avoir donné raison au maire de Clichy puisque le préfet a affirmé qu’il «s’opposerait désormais à toute nouvelle prière de rue à Clichy […] avec les moyens qui sont les siens», rapporte le Parisien. Les prières de rue des fidèles clichois, qui étaient tout à fait légales jusqu'au 16 novembre, contrairement aux affirmations du maire et de Manuel Valls, sont donc désormais interdites. Dans le reste de la France, elles restent légales jusqu'à arrêté préfectoral établissant le contraire.

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