Jawad Bendaoud, 6 ans maximum?

Jawad Bendaoud, 6 ans maximum?

Le premier procès en lien avec les attentats du 13-Novembre 2015 s’est ouvert hier devant le tribunal correctionnel de Paris. Les deux principaux prévenus, Jawad Bendaoud et Mohamed Soumah n’ont prononcé que quelques mots. Ce procès est à peu près la seule chose qui permettrait aux familles de victimes de voir la justice appliquée mai la peine encourue semble être maigre : 6 ans maximum...

Cent cinquante avocats, près de 500 parties civiles, trois salles pour suivre les débats l’agitation régnait hier, au palais de justice de Paris, pour l’ouverture du procès de Jawad Bendaoud, Mohamed Soumah et Youssef Aït Boulahcen, le premier en lien avec les attentats du 13-Novembre 2015.

L’audience a débuté avec près de deux heures de retard. Dans le box, Mohamed Soumah, regard fatigué souvent teinté d’ennui, pull foncé sous une veste noire, et Jawad Bendaoud, lunettes rectangulaires, polo blanc, et cheveux noués en catogan, n’ont fait que décliner leur identité. Ils sont poursuivis pour avoir aidé et logé deux des terroristes de Paris, dans l’appartement de Saint-Denis où ces deux derniers ont trouvé la mort, le 18 novembre 2015.

Des terroristes qui voulaient loger des terroristes ?

L’avocat de Jawad Bendaoud, Me Xavier Nogueras, répondant à la demande de requalification d’une partie des avocats de parties civiles, résume parfaitement le dilemme de la cour : « Vous devrez déterminer si ces hommes sont des terroristes qui ont aidé des terroristes, ou si ce sont des hommes qui ont pris un billet pour loger des terroristes. » Le troisième prévenu, moustache naissante, lunettes noires et voix claire, répond désormais à un autre nom. « Ma sœur est morte, tout le monde connaît son nom. J’en ai changé pour que ce patronyme ne pèse pas sur moi et mes enfants », explique Youssef Aït Boulahcen, le frère d’Hasna à la barre. Il comparaît libre pour « non-dénonciation de crime terroriste ».

Il charge sa grande sœur

C’est lui le premier à répondre aux questions. Depuis le début de l’audience, c’est pourtant le nom de sa sœur qui revient le plus souvent : Hasna qui reçoit un appel de la Belgique pour héberger « deux frères », son cousin Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh ; Hasna qui appelle tout son répertoire pour trouver un appartement aux deux terroristes ; Hasna qui contacte Mohamed Soumah pour trouver un logement ; Hasna qui appelle Jawad Bendaoud au sujet de son appartement de Saint-Denis. Hasna qui voulait « se faire remarquer », « qui voulait rejoindre Daech en Syrie », selon son frère.

Youssef Aït Boulahcen, 26 ans, charge sa grande sœur, aînée d’une fratrie de quatre enfants. Les deux seront pourtant en contact régulier dès le 16 novembre 2015, quand Hasna Aït Boulahcen reçoit un appel de Belgique pour trouver une planque pour son cousin. Le prévenu dit ne pas avoir compris ce que disait sa sœur, pas plus que ses projets. « Hasna, elle est fougueuse, elle veut faire le buzz, elle est excentrique. Elle vit dans le déni et elle est psychologiquement instable », dit son frère à la cour. Il poursuit : « Elle a besoin de s’inventer une vie, une identité. C’est pour ça que tout ce qu’elle me dit, je le prends au second degré ! »

Mais Hasna Aït Boulahcen est morte le 18 novembre 2015 dans le studio de Saint-Denis et ne peut plus répondre aux questions des juges.

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