Emilie König, Recruteuse pour l'EI

Emilie König, Recruteuse pour l'EI

La jeune femme de 33 ans jouait un rôle important de propagandiste au sein de l'organisation terroriste depuis 2012. Elle a été arrêtée par les Kurdes en Syrie.

C'était la Française de Daech la plus recherchée. Emilie König, Bretonne de 30 ans, est désormais détenue dans l'un des camps de réfugiés gérés par les Kurdes en Syrie. Convertie à l'islam, elle a rejoint l'Etat islamique en Syrie jouait un rôle important de propagandiste et de recruteuse au sein de l'organisation terroriste.

Née le 19 décembre 1984 à Lorient, dans le Morbihan, Emilie König est la dernière d'une fratrie de quatre, écrivait "Ouest-France" en 2014. La jeune fille, qui ne connaîtra quasiment pas son père, gendarme, suit une scolarité normale puis obtient un CAP de vendeuse en alternance.

Elle se convertit à la fin de l'adolescence, et se marie avec un Français d'origine algérienne, condamné à cinq ans de prison pour trafic de stupéfiants. Elle décide de revêtir le niqab (voile intégral) après la loi du 11 octobre 2010 qui interdit de dissimuler son visage dans l'espace public.

C'était la Française de Daech la plus recherchée. Emilie König, Bretonne de 30 ans, est désormais détenue dans l'un des camps de réfugiés gérés par les Kurdes en Syrie, a révélé "RMC" ce mardi 2 janvier. Cette convertie à l'islam qui avait rejoint l'Etat islamique en Syrie jouait un rôle important de propagandiste et de recruteuse au sein de l'organisation terroriste.

Emilie König, recruteuse bretonne de Daech, arrêtée en Syrie

Une Bretonne convertie à l'islam

Née le 19 décembre 1984 à Lorient, dans le Morbihan, Emilie König est la dernière d'une fratrie de quatre, écrivait "Ouest-France" en 2014. La jeune fille, qui ne connaîtra quasiment pas son père, gendarme, suit une scolarité normale puis obtient un CAP de vendeuse en alternance.

Elle se convertit à la fin de l'adolescence, et se marie avec un Français d'origine algérienne, condamné à cinq ans de prison pour trafic de stupéfiants. Elle décide de revêtir le niqab (voile intégral) après la loi du 11 octobre 2010 qui interdit de dissimuler son visage dans l'espace public.

Une ancienne collègue raconte à "Ouest-France" :

"Au départ elle était voilée fashion."
Elle apprend aussi à parler arabe, et se fait appeler Samra.

"Excitée"

En 2010, portant le niqab, elle est repérée près de la mosquée de Lorient, où elle tentait de distribuer des tracts appelant au djihad. Convoquée en 2012 devant le tribunal de la ville, elle se présente en niqab, refuse de se dévoiler et provoque une altercation avec un vigile. Elle filme la scène et la poste rapidement sur YouTube, criant à la discrimination.

Elle tente d'intégrer le groupe islamiste nantais Forsane Alizza. Décrite comme une "excitée" par une source française à l'AFP, la jeune femme se rend souvent à Paris, se fait remarquer, intégralement voilée, aux premiers rangs d'une manifestation du groupuscule radical dans la capitale.

Dès cette époque, Emilie König est loin d'être une inconnue des services de renseignements français. Le 11 juillet 2012, par arrêté du ministre de l'Economie et des Finances, elle a fait l'objet d'une mesure de gel d'avoirs. Sont alors interdits "les mouvements ou transferts de fonds, instruments financiers et ressources économiques au bénéfice d'Emilie König".

Le motif est très clair : la Française "est un soutien actif de Forsane Alizza, et elle envisage de se rendre prochainement dans une zone de combat à l'étranger afin d'y mener le djihad armé". Après la dissolution du groupuscule en 2012, dont les principaux membres ont été traduits en justice, Emilie König n'est pas directement inquiétée et ouvre plusieurs pages Facebook appelant à la guerre sainte.

Novembre 2012, Emilie König traverse la frontière turco-syrienne, abandonnant ses deux fils en France. Elle tentera, en vain, de les récupérer pour les amener avec elle, lors d'un aller-retour en France entre août et novembre 2013.

Sur le sol syrien, sous le pseudonyme d'Ummu Tawwab ("mère de celui qui pardonne"), elle se marie avec un djihadiste français, mort depuis, et dont elle a un autre fils. Selon sa mère, qui témoigne auprès de "Ouest-France", elle a depuis eu deux autres jumelles, Maroua et Safa, âgées d'un an.

Dans une vidéo postée le 1er juin 2013 sur YouTube, on peut voir Emilie König en train de s'entraîner au maniement d'un fusil à canon scié. Dans un autre enregistrement vidéo diffusé la même année, elle adresse des messages de propagande à ses enfants qu'elle a laissés en France.

"N'oubliez pas que vous êtes musulmans", dit-elle à ses fils, confiés à leur grand-mère. "Le djihad ne cessera pas aussi longtemps qu'il y aura des ennemis à combattre."

Surveillée par les services de renseignements, elle est surprise en train d'appeler ses contacts en France pour les inciter à monter des attaques contre les institutions françaises, ou de s'en prendre aux femmes de soldats français déployés notamment au Mali.

Selon une source de l'AFP, elle aurait proclamé sa volonté de commettre un attentat suicide.

Aujourd'hui détenue et torturée, elle réclame la clémence et brandit l'argument du repentir en vue d'un rapatriement. Une situation qui suscite une polémique et la colère de nombreux internautes.

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